16.10.2006
Croix de bois...
Disons-le franchement dans ce blog, la classe trouve le roman franchement raté ! (Quelques voix timides indiquent qu’il est « peut-être » bien écrit, « simple »… Mais quel ennui !...
Là n’est pas la question ! Il faut jouer le jeu et tâcher de lui donner un écho qui fournisse en même temps une passerelle vers le bouquin ! Après tout, sur le fond de montagnes du pays de Digne, avec un feu de cheminée et une poêlée de châtaignes, il ne serait pas si désagréable d’écouter cinq minutes Lapouge évoquer ses souvenirs un peu décousus. Dans un entretien diffusé sur France Culture, il évoque la figure du conteur dont il dit qu’elle est aussi celle de l’écrivain. Il est bon de donner à entendre ce genre de témoignages à des élèves curieux de savoir ce qui, à la base, inspire l’écrivain. Cela nous ramène une fois de plus à l’objet d’étude « le biographique » : le seul passage que j’ai sélectionné à la lecture, c’est précisément celui qui évoque la « mémoire des vieux ».
Exploitation en cours du Bois des amoureux
Lecture d’une critique positive du roman. (Critique de Mathilde Saudubray parue dans le magazine Evene) Quelles sont les qualités que cette critique met en avant ?
« Le roman dépeint la vie d'un petit village du sud de la France autour d'une rencontre entre un vieux professeur et un soldat. Cette fresque rurale encadrée par les deux guerres relate avec une poésie drôle et empreinte de nostalgie les histoires de familles, les us et coutumes provinciales. Dans un langage populaire plein d'images bucoliques et de sagesse prosaïque, chacun affirme sa personnalité, imperceptiblement. Les sensibilités, les amours et les désillusions se dessinent discrètement, dans le contexte fragile de l'entre-deux-guerres. L'auteur nous plonge dans ce microcosme régi par ses rumeurs. Il donne une coloration particulière aux habitudes et aux commérages qui évoluent avec le temps, les bouleversements sociaux. Le soldat incarne cette rupture. Ses paroles heurtées, ses pensées paradoxales figurent la vision métaphysique des consciences irradiées par la douleur et la mort. On perçoit ici l'expression surréaliste.
Le choc des cultures n'est pourtant pas si brutal qu'il n'y paraît. Le professeur, comme les enfants, le prêtre ou le paysan bourru retrouvent l'énergie vitale et l'instinct de survie qu'ils ont en eux. Au-delà des mots et des idées, l'essentiel est pressenti par ces âmes touchantes. Le passé sédentaire et traditionnel de la vieille France est confronté au nomadisme moderne du soldat épris de liberté. Cependant, la tristesse languissante des uns rejoint le désespoir irréversible de l'autre. Leurs dialogues catalysent un amour d'ordre universel, frustré. Dans ce récit sentimental, où la langue associe l'argot aux métaphores abruptes, on suit l'évolution de personnages attachants en train de s'observer. A l'instar de ces acteurs assistant au spectacle de la nature, de la vie et de ses révolutions, on est spectateur d'un tableau vivant et lointain. »
Extrait d’interview : Gilles Lapouge sur France Culture : « Du jour au lendemain »
Réflexion sur le statut d’un personnage : la relation de ce personnage avec le statut du conteur ? Avec celui du romancier ?
Réflexion sur un extrait du roman : « la mémoire des grands pères » : quel témoignage lèguent-ils ? Quelles valeurs transmettent-ils ?
Lecture cursive conseillée : (Il faut songer à « l’après Goncourt » et au fameux « baby blues ») Dans le sillage de ce roman, il faut penser à des romanciers de la région, chantres de valeurs identiques à celles que célèbre Lapouge (mais avec une véritable intrigue romanesque !) :
- Giono : Regain
- Giono : Un de Baumugne
- Giono : Colline
- Bosco : le Mas Théotime
12:12 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Lapouge, Goncourt






