21.10.2006
Une hirondelle au Père Lachaise
« une hirondelle au Père lachaise»
Il est difficile de trouver matière dans ce livre qui se lit tout seul et qui enchaîne, un peu trop facilement, les épisodes. J’y ai repéré cependant un passage dans le livre au cours duquel l’auteur se livre à un intéressant exercice de réécriture.
Son personnage de tueur sombre de la manière la plus inattendue qui soit dans la mélancolie de l’amour. Mélancolie au sens fort puisque, une fois de plus en littérature, Eros rejoint Thanatos ! (Amour et mort indissociablement liés) Et pour cause ! Le malheureux vient d’abattre froidement la jeune fille dont il tombe ensuite amoureux…
Cela donne lieu à un plaisant vague à l’âme de l’abatteur abattu dans le lieu hautement romantique du Père-Lachaise. C’est l’occasion de rappeler le sens littéraire de « romantisme » et d’évoquer la figure de Nerval qui est implicitement cité dans le passage choisi.
Texte pages 96-97
Rappel de la situation. Après le crime de la jeune fille et l’épisode de l’hirondelle.
Un jeu sur la figure de l’assassin : des éléments attendus, qui renvoient à la réalité du crime dans lequel il est impliqué : relever ces éléments… et, en même temps, des éléments de surprise qui correspondent à un tournant dans son existence (et c’est tout l’enjeu du roman, montrer comment l’assassin peut être sensible et tomber amoureux) : relever les éléments qui renvoient à la tendresse et à la sentimentalité. Commenter la formule « révolver constellé ».
Un univers romantique : le romantisme du XIX°, celui qui est associé au sentiment des ruines et à cette attirance particulière pour les cimetières et la mort. Des noms et des références à fixer… Ce cadre et le sentiment que le héros ressent sont à l’origine d’une transformation : un autre rapport au monde (dans la façon de le ressentir mais aussi de le comprendre) : sensibilité à fleur de peau, lyrisme, idéalisme.
Remarque : comment le narrateur a-t-il acquis cette culture littéraire au point de tutoyer les poètes et d’intégrer les citations de vers à ces rêveries ? Cela aurait supposé un travail supplémentaire sur la personnalité du narrateur à moins que le narrateur ne soit simplement que le masque fantasmé d’un auteur cultivé, amateur de poésie romantique.
09:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nothomb, Goncourt lycéens, romantisme






