19.10.2006

« Fils unique » en son genre.

« Fils unique » en son genre.

On connaît l’austérité du petit frère (Jean Jacques !) lequel n’évite pas les épisodes savoureux et scabreux dans ses Confessions, mais on ignore tout des frasques du frère, François Rousseau !... C’est réparé !
Fils unique fournit en tout cas l’occasion d’un travail sur le libertinage. Objet d’étude de la première : « un mouvement littéraire et culturel du XVI° au XVIII° ». Le roman offre le regard précis et décalé d’un personnage haut en couleur… François prend sa part du plaisir associé au libertinage de mœurs, généralement attaché à ce mouvement (on pense à Dom Juan, Valmont et autres Casanova, mais il appartient aussi au libertinage de pensée qu’on a trop facilement tendance à oublier au sujet de cette période. L’éducation que François a reçue est en effet marquée par la libre pensée si caractéristique du XVII° siècle qui a vu fleurir la première pensée libertine…
Cette évidence m’amènera à choisir tout naturellement par la suite l’étude de Don Juan de Molière. Cet aristocrate bourreau des cœurs tient notamment des discours sur les femmes qu’il sera intéressant d’éclairer par le biais du roman d’Audeguy. Les discussions dans le « salon des Poissonnières » qu’il relate à la fin de son roman sont édifiantes. Il y a là des énoncés qui s’opposent et révèlent des conceptions radicalement opposées. Je fais lire aux élèves un extrait de la Colonie de Marivaux pour bien montrer que ces idées-là sont dans l’air du temps…
En même temps, un détour par une lettre de Valmont (et peut-être aussi la projection du film les Liaisons dangereuses seront les bienvenus… Des extraits du roman soulignent certains aspects de la société du XVIII°. La barbarie de « la nation civilisée », la légèreté des mœurs, les privilèges des nobles, le développement de la pensée scientifique aussi bien dans les salons que dans les lieux expérimentaux : en particulier, cet épisode cocasse du roman où le héros, expert en horlogerie, met au point un automate doté de performances sexuelles assez édifiantes !
Ajouter au passage la référence à l’illustre petit frère : pourquoi a-t-il écrit ses Confessions ? Il y a des aveux difficiles à Jean Jacques, des aveux qui font rire sous cape le libertin, aveux d’une perversité refoulée, un penchant à un certain masochisme… Evoquer aussi ces aveux de Jean Jacques dans le cadre d’une réflexion sur la difficulté d’écrire sur soi et de rester sincère. Et puis, à cette occasion, en venir au fameux épisode du ruban volé dont Audeguy nous offre une version nouvelle : ce travail figurera dans l’objet d’étude « réécriture ».

Organisation de ces pistes pour le cours de présentation
Ce travail vise notamment à donner des pistes pour l’objet d’étude : « un mouvement littéraire et culturel : le libertinage »

Exposé de Manon. Manon présente les différentes étapes de ce roman qui couvre tout un siècle puisque François, né en 1705 meurt à plus de 90 ans…

Présentation du livre en contexte

Intro : au cœur du XVIII° siècle connu pour être le siècle des Lumières mais aussi un siècle traversé par les courants de pensée libertine dont l’origine remonte au XVII°, pensée critique qui met à distance les fondements de l’édifice social en place (société de l’Ancien Régime). Cette dimension du mouvement est encore très présente au XVIII°, mais elle se mêle également à une autre tendance : celle du libertinage de mœurs…

Les deux frères en tête à tête
Rousseau dans Fils unique
Rousseau dans les Confessions (Extrait du livre 1)
Le cas Jean Jacques : origine des Confessions. Pourquoi Rousseau a-t-il décidé d’écrire cette œuvre ? (Les sources du biographique)
Les douloureux aveux. L’objectif des Confessions est la réhabilitation de l’auteur.
Un exemple de « l’examen de conscience » : l’épisode du peigne brisé : dans les Confessions, dans Fils unique (p82-83)

Activités dirigées

Cavalcade au cœur du XVIII° siècle à partir de quelques extraits du roman d’Audeguy :
La société de l’Ancien Régime et ses usages (p131-132).
La persistance de la barbarie (p155-156).
La liberté des mœurs et la corruption (41-42 / p131-132).
L’esprit scientifique (expériences et conception d’automates « d’avant-garde » ! p140-141).
Le goût de la conversation et du choc des idées (p224-229)

Discussion de salons
Le club des Poissonnières et le statut de la femme (p224-229)
Le théâtre tribune : extrait de la Colonie de Marivaux