18.11.2006
Les Bienveillantes (4/7)
Autre aspect terrible du roman, c’est cette peinture impitoyable de la nature humaine, plongée dans les conditions de bassesse et de barbarie. Dégradation des corps, horreur des blessures, de la vermine, des bas instincts, pulsions sadiques, excrétions, sexe, chair purulente, spermes, caecum, fesses, verges… Cauchemars… La vie est arrivée à ce point d’horreur que la narration finit par confondre les deux niveaux de la réalité et du rêve… Une figure émerge de cette confusion, le souvenir auréolé de la sœur aimée (p374, exemple de réminiscence visuelle) Le personnage reste attachant par ces élans vers un idéal. Il y a aussi constamment, cet instinct d’humanité qui le distingue des autres : par exemple quand il s’inquiète du sort d’Ivan (fidèle serviteur d’origine bolchévik) qui, aux yeux des autres, n’est qu’un étranger qui doit mourir…
Pour se tirer de cet enfer de Stalingrad dans lequel ils semblent tous perdus, un miracle présenté d’abord comme un rêve : en fait, c’est son sauvetage qui le ramène blessé à Berlin et qui fait de lui un héros du Reich. La blessure consiste en un trou de part et d’autre de la tempe, et cela lui confère une sorte de troisième œil, une acuité cynique qui lui enlève la propension au bonheur facile (image hugolienne qu’il faudra utiliser pour l’étude des Contemplations : p410)...
06:13 Ecrit par Goncourt | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Les Bienveillantes. Littell. Goncourt. Rentrée littéraire









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