16.11.2006

Les Bienveillantes 2/7

Sa place est désormais dans un Stabkommando et son rôle est plutôt celui de l’organisation, pas celui de l’exécution. Il avoue se trouver en conjonction avec la radicalité du régime même s’il n’aurait jamais auparavant imaginé en arriver là… Il admet difficilement la tendance qu’ont certains à jouir du massacre et perçoit comme un devoir la radicalisation des ordres qui arrivent d’en haut : « les » tuer tous… Il médite avec, à l’esprit, l’image de la politique de Staline et en déduit le principe suivant : si tout se fait, c’est toujours au nom d’une terrible nécessité… Et c’est lui qui se retrouve « chargé de tenir la boutique » comme l’indique l’officier qu’il remplace, lequel demande sa mutation, écoeuré par l’ordre, persuadé que le poste est réservé à des « bouchers ». Episode symbolique du petit Yakov qui joue du piano et qui, par accident est amputé puis exécuté : l’officier qui s’était attaché à lui est démis de sa fonction. Le narrateur lui aussi aimait le petit Juif et s’apprêtait à lui fournir de nouvelles partitions pour lui faire connaître d’autres compositeurs. Ainsi, le romancier procède-t-il par petites touches pour montrer que, quelque part, son personnage est cultivé, humain, généreux…

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