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21.10.2006
Latitudes du lecteur
Texte rédigé à partir des propositions d'élèves autour du livre du Goncourt des lycéens
Je me promène dans un Hollywood de la littérature. Le flash des photographes surexpose chaque page. Je glisse sur le tapis rouge du texte, le strass et les paillettes des mots, la limousine de la syntaxe. J’avance sur le Sunset Boulevard d’un roman lumineux au bout duquel je vois briller, comme sur une enseigne, le visage tourmenté de Marilyn. Les sables du désert de Mojave rentrent un peu sous mes paupières, mais le moteur des Pontiac, des Buick se mêle à la rumeur des caméras qui filment, jusque dans mon sommeil et sur mon divan, les stars de Beverly Hills.
Et maintenant, comme un bolide diaboliquement lancé sur le périf parisien, j’avance à toute vitesse dans le Quartier général du bruit. Les rues peuplées soulèvent des nuées de lettres, toutes emmêlées les unes aux autres. Rêve de tour Eiffel de mots, de quai Branly de métaphores, d’avenue des Champs-Élysées pavée de livres d’or.
Le lingot s’appelle Alan, et j’effleure de mes doigts un gros livre capitonné comme le siège d’un bus rouge, un bus anglais qui m’amène hors des sentiers battus. Le bus avance vite, aussi vite que ma lecture du roman dont le trajet est secoué par de rares arrêts et de multiples rebondissements. Je longe les quais de la Première Fois, je ne vois plus tourner le Big Ben de mon horloge et me plonge avec délice dans le tumulte d’une Tamise amoureuse.
Les lettres s’envolent. Je surfe sur la page nette. Les mots d’amour sont des mails qui s’affichent sous mes yeux. En haut de mon écran, et de ma conscience, clignote encore une phrase obsédante « je ne t’aime plus »... Les chapitres sont des claviers dont les touches écrivent le scénario d’un long roman.
La couverture du livre érige une haute barrière à escalader. Mais je grimpe, je grimpe et je m’accroche et je saute dans le vide. Derrière les fils barbelés des mots, des images, au son d’une syntaxe obsédante, je passe douloureusement dans l’Allemagne de 1939.
Tout est autour de moi, aride, tourmenté. Une lourde atmosphère... Je m’enfonce dans l’Afrique profonde d’un autre livre. De page en page, le tam-tam de mon cœur accélère la cadence… Je veux savoir, je veux tout savoir, je veux tout savoir... Je marche vite, je suis maintenant dans l’Afrique de ma passion et, frénétique, je me dirige vers le Mboasou. J’aperçois enfin quelques familles, je discute avec une petite fille. Elle a dix ans. Elle est belle et têtue, elle me ressemble… Je ne renoncerai pas ! Moi non plus, je ne renoncerai pas ! La pluie de l’émotion envahit la page… Une pluie diluvienne qui embue les yeux et coule sur les joues. Et au fur et à mesure que je tourne les pages, et que le tam-tam continue de cogner, j’enfonce les doigts dans la boue du vice et du crime.
Faire ses valises pour partir en voyage, partir loin d’ici, partir et aller vers les mille et unes pages de l’Orient. Glissée entre deux oreillers, chaque page est une minute passée à dos de chameau en quête de vestige passé. Où suis-je ? J’ai beau regarder à l’horizon, fermer et rouvrir les yeux, même les frotter…je n’aperçois que du sable, aucune trace de pas…je me retrouve seule dans ce Sahara de lecture. Mais la lecture est un oasis. Après le désert aride des autres romans, je me désaltère avec délices de ses eaux dorées sous laquelle règne le soleil inversé de Lawrence d’Arabie. Sous le coin de chaque page, une ombre, celle d’un homme… je le devine tout au long de ma lecture, je le vois s’approcher. Il me relève, me donne à boire. Je veux toucher son visage, je m’en approche, j’y suis presque, plus que quelques centimètres…ce que je touche, c’est mon livre.
09:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture collective, lecture
Commentaires
M Bertrand m'a demandé d'écrire un article sur le Goncourt...voilà c'est ca:
Je trouve que le Goncourt est une très bonne idée.C'est und bonne possibilité pour les élèves de découvrir des romans et de la literature interessantes.Et ce ne sont pas en aucun cas des livres ennuyeux,que se soit des histoires d'amoures,des biographies,des poèsies ou des literatures culturelles.Il y a du choix pour tout le monde.En Allemagne je suis souvent habituée à devoir lire des pièces de théatre ennuyeuses,lesquelles je ne lirais jamais volontairement.Mais les livres des Goncourt sont des romans que peuvent plaire à beacoup des gens.
Ecrit par : Kathlen | 21.10.2006
Mon avis sur le Goncourt :
Le Goncourt est très interessant pour moi. En Allemagne on lit et on travaille avec des livres comme base de cours. Pour cela on dispose d'une liste de livres. Il y a certains livres à choisir. Pourtant il n'y a pas beaucoup de roman à lire.ça me plais à le Goncourt. On a la possibilité de lire des livres interessantes que l'on peut lire avec plaisir. Les livres sont facil à lire et à comprendre et ils traitent de themes interessante et varié.
Ecrit par : Isabel Wink | 22.10.2006






