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14.10.2006

Amant en culottes courtes

La difficulté qui se pose avec ce livre, c’est son caractère scabreux. Il faut néanmoins souligner la qualité littéraire et l’intérêt de la démarche autobiographique que conduit l’auteur autour de ce fameux séjour en Angleterre de juillet 1957.
L’un des intérêts de ces romans de la rentrée littéraire, c’est aussi qu’ils mettent le lecteur au contact d’autres grands textes de la littérature classique, incontournables pour les candidats de première L qui passent le bac en fin d’année.
Mais sans être polarisé par l’obsession de résultats, je trouve aussi que cela fait partie des plaisirs de la lecture d’être capable de mettre en relation des textes distants les uns des autres et qui finissent par s’éclairer mutuellement.Ce roman serait, à sa manière, un "Proust sous la ceinture" ou "à la culotte", une entreprise de reconstruction du temps perdu et de recomposition d'une mémoire sexuelle (ceci pour réanoblir le texte et parer les attaques !). Il y a, certes, tout un pan de la Recherche qui s’attache à la sexualité et qui « fait mousser » dés la « vulve » de la madeleine, tout un organisme de références plus ou moins troubles. Mais avec Proust, on est dans la suggestion, les sous-entendus, les images, l’élaboration vertigineuse.
Avec ce roman, il s’agit pour l’auteur de retrouver la mémoire des premiers émois de l’épiderme. Et puis, le projet est beaucoup plus limité : un mois d’éducation sentimentale entre le 1er et le 30 juillet (quand le roman de Proust s'étend sur des décennies). Un bouleversement interne dont l’auteur parvient à analyser la substance à travers un astucieux exercice autobiographique en bonne et due forme. Il opère en effet un intéressant va et vient entre le présent de l’écriture et le passé de ce petit garçon victime d’une forme particulière de schizophrénie !


Approche proposée :
- Présentation de Maxence et Claire
- Proust : intertextualité. L’auteur qui se confond avec le personnage du narrateur (signe de l’autobiographie) entreprend un intéressant travail de Mémoire. Il s’agit de remonter par un travail d’élaboration de souvenir dans le Temps et dans cette période désormais lumineuse de son passé entre le 1er et le 31 juillet 1957. D’où la relative « pauvreté » de l’intrigue (les élèves ne sont pas habitués à ce type « d’aventure en boucle » dont l’objet essentiel consiste finalement, comme chez Proust, à « sinuer » autour du temps perdu, à retrouver les sensations, les émotions, la conscience.
- Le projet de A la recherche du temps perdu
- Présentation De l’extrait de Du côté de chez Swann du manuel de première : l’épisode de la madeleine
- Un pastiche de cet épisode dans le roman de Fleisher ? Observation de l’extrait p81-82
- Sujet de commentaire extrait du roman : p52-53 (pages importantes pour comprendre l’entreprise du romancier… J’y reviendrai forcément !)